
Faizal Zeghoudi est chorégraphe. Technichore et Le Monde du Zèbre l’accompagnent dans l’intégralité du processus — de la première intuition jusqu’à la diffusion, en passant par toutes les étapes que traverse une œuvre pour passer de l’intérieur d’un artiste à la réalité d’un plateau. Cet ancrage dans une structure de production solide lui permet de travailler avec une liberté que peu de créateurs peuvent se permettre : celle de ne jamais dissocier la vision artistique des conditions concrètes qui la rendent possible.
Ce qui l’engage, c’est le corps comme territoire politique. La danse contemporaine, dans sa pratique, n’est pas un art décoratif, elle est un espace où se disent les rapports de force, les héritages, les résistances. Ses pièces traversent des questions qui ne se résolvent pas facilement : l’identité entre deux cultures, le poids des traditions sur les corps jeunes, la précarité de ceux qui choisissent d’exister par le mouvement dans des contextes qui ne le reconnaissent pas encore. Son travail s’ancre des deux côtés de la Méditerranée. En France comme en Algérie, il crée avec des danseurs dont les réalités sont différentes mais dont les questions se répondent. Le programme Ce qui nous relie, né de trois résidences entre les deux pays, en est l’exemple le plus abouti à ce jour : deux pièces, Un Boléro de Ravel et Sur cette terre, construites avec des interprètes français et algériens, autour d’un langage chorégraphique commun qui ne gomme pas les différences mais les travaille.
En 2025, au Théâtre Régional Abdelkader Alloula d’Oran, il a mené un programme de recherche et de formation avec de jeunes danseurs algériens. De ce processus est né le documentaire Entre Cœur et Scène, qui capte quelque chose de rarement montré : ce que ça coûte, concrètement, de vouloir danser dans un contexte qui vous en dissuade. Les témoignages recueillis, directs, sans concession, parlent du doute, de la passion, du regard des autres, de la liberté que le corps peut ou ne peut pas encore se permettre.
C’est là le fil conducteur de son œuvre : non pas illustrer des idées, mais créer les conditions pour que des corps, sur scène, disent quelque chose de vrai.
